vendredi 15 avril 2022

Élection, c’est toujours non !

   

Les libertés et le progrès social sont une nouvelle fois les grands perdants du premier tour de l’élection présidentielle. Les partis politiques qui se sont partagés le pouvoir pendant des décennies ne représentent plus que 7% des suffrages exprimés, laissant la place à un banquier de droite soutenu par un parti fantomatique et à une héritière d’extrême droite, dirigeante d’un parti fondé par des pétainistes, des miliciens ou des SS. Ces résultats sont la preuve que le système représentatif est une impasse. Il repose sur une concentration monarchique du pouvoir. Il s’éloignera toujours des besoins et des désirs des individus, en particulier des classes populaires.


Les résultats des différents mouvements de gauche nous montrent que les partis qui cherchent à nous vendre une gestion plus humaine du capitalisme sont sans avenir. La multiplication des candidatures de gauche est par ailleurs l’indice que ces appareils politiques s’intéressent plus au sort des élus qu’aux difficultés de la population. Être présent dans la course à la présidentielle, c’est s’assurer une place pour les législatives… Peut importe les attentes des travailleuses, des travailleurs, de la jeunesse, des retraité.e.s, ce qui importe c’est de continuer à se placer.


Anarchistes, nous n’avons pas à tenter de sauver la classe politique de la noyade. Nous ne cesserons jamais de crier que le système électoral est une confiscation de la souveraineté individuelle et collective.


Les anarchistes n’ont jamais défendu le parlementarisme et le système électoral. Ce n’est pas en participant au système politique représentatif, en lui donnant du crédit, que nous développerons des pratiques émancipatrices. Le fédéralisme, le recours aux mandats impératifs et à la révocabilité des mandaté.e.s est pour nous la seule solution permettant une organisation sans pouvoir. Nous entendons agir directement, individuellement et collectivement, pour transformer la société.


Quel que soit le résultat du second tour de l’élection présidentielle, nous savons que seule la lutte, radicale et révolutionnaire, permettra de combattre toutes les oppressions, qu’elles soient politiques, économiques, religieuses, racistes ou sexistes.


Préparons-nous à la grève générale, à l’expropriation, à l’autogestion. Faisons disparaitre les frontières et abattons le Capital afin de faire advenir une société de paix, sans classes et sans États.



FÉDÉRATION ANARCHISTE


jeudi 24 février 2022

Face à l’invasion russe, solidarité internationale ! Stop à la guerre !


  Ce matin du 24 février 2022, l’armée de Vladimir Poutine a envahi l’Ukraine par la Biélorussie, la Crimée et le Donbass. Cette invasion, visant certainement Kiev, toute proche. Plusieurs villes ont subi des tirs de missiles dont la capitale. De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelinsky promet «l’Ukraine se défendra et gagnera». Cette situation était malheureusement prévisible. La Russie a déjà montré son ambition impérialiste, notamment en Géorgie en 2008, au Moyen-Orient et en Afrique plus récemment. En Ukraine, suite au soulèvement de Maïdan à Kiev en 2014 (qui a fait fuir le président pro-russe Victor Ianoukovitch), Poutine a annexé la Crimée et aidé les séparatistes prorusses du Donbass dans l’Est (les autoproclamées "Républiques populaires" de Louhansk et Donetsk). Dans un « Appel au peuple » télévisé du 21 février dernier, Poutine avait déclaré : « Nous prenons un morceau du Donbass, et si l'Ukraine fait des vagues (...) alors nous en prendrons encore plus. », disposant aux frontières 190 000 soldats prêts au combat. Tous ces militaires positionnés à la frontière russo-ukrainienne ainsi qu' en Biélorussie n'étaient pas là juste pour le Donbass et son intention était de mettre la main sur tout, ou une partie de l'Ukraine, étant pour lui une région de "L'Empire russe". L'Ukraine est prise dans un étau : d'un côté ses ressources sont convoitées pour renforcer le régime du Kremlin, affaibli par la crise économique et dont l'autorité a été mis à mal lors de la pandémie, de l'autre l'OTAN tente de l'attirer dans son giron. Dans plusieurs régions du monde, les rivalités impérialistes multiplient les conflits armés, dont sont victimes les populations. Les anarchistes combattent depuis toujours le nationalisme et le capitalisme portant en lui « la guerre comme la nuée porte l'orage », renforçant la militarisation et l'autoritarisme des États, alors que la mondialisation néolibérale se vantait d'apporter la démocratie et la paix ! Cela ne semble être que les prémices de plusieurs années de guerres ou de tensions entre les pays les plus riches, jusque là épargnés en exportant leurs conflits ailleurs. le but étant de contrôler les ressources naturelles se raréfiant tout en créant des élans nationalistes nostalgiques des anciens « empires », vision glorifiée d'un passé fantasmé, qui passe sous silence des millions de victimes innocentes, et permettant de justifier idéologiquement ces guerres auprès de leur population. L'augmentation des budgets militaires de par le monde est elle aussi une réalité significative. Notre combat pour construire un monde basé sur la solidarité, l'entraide et l'internationalisme est plus que jamais nécessaire. Sur la situation en Ukraine, nous rejoignons l’appel de nos camarades russes pour mener des actions partout où cela est possible, suivant les moyens de chacun.e : « Pas de guerre entre les peuples ! Pas de paix entre les classes ! » Contre_les_annexions_et_l'agression_impérialiste. Nous  appelons également, dans le monde entier, à lutter contre le capitalisme, le nationalisme, l'impérialisme ainsi que l'armée (et le SNU, en France) qui nous poussent toujours vers de nouvelles guerres. Nous sommes solidaires de nos camarades sur place, ayant décidé de fuir ou de se battre dans les milices ukrainiennes, bien que nous sachions que des forces d'extrême-droite d'idéologie fasciste et nazie (mais en large minorité, n'en déplaise à Poutine) y opèrent également depuis 2014. La main de fer de Poutine sur l’Ukraine signifierait la destruction du mouvement anarchiste dans cette région, comme il l’a réalisé notamment à l’est de la Russie ces dernières années : tortures, prison, exécutions étant l'avenir annoncé. Comme toujours, ce sont les plus pauvres et les plus précaires qui vont souffrir des conséquences de cette guerre, les riches renforçant leur pouvoir et leurs profits, particulièrement dans le domaine militaire. Même si nous sommes pacifistes et opposés à tout État, quel qu’il soit, nous comprenons la nécessité de lutter pour sa survie et résister à l'oppression. Nous appelons également à la désertion massive de toutes les casernes militaires, partout dans le monde ! Nous sommes internationalistes et pacifistes, la solidarité est notre arme ! 

Fédération anarchiste, le 24 février 2022

mardi 15 février 2022

Blindés, cassez vous !
 

Le week-end du 12 et 13 février 2022 a été marqué par la mobilisation du "convoi de la liberté", comme nommés
par les participantes et participants eux mêmes.

Quoique nous pensions des tenants et aboutissants portés par ce mouvement, c'est sur la réaction de l'Etat que

nous allons nous arrêté aujourd'hui.

La répression violente des mouvements sociaux s'est accentuée ces dernières années. Nous n'avons pas oubl
ié les
victimes des exactions policières lors des mouvements des Gilets Jaunes, des Free Party et autres. Décès,

mutilations, violence gratuite de la part des forces du désordres, la liste est longue.

La police se sent pousser des ailes ces derniers temps
, en particulier parce qu'elle est soutenue par l'Exécutif, que
ce soit la présidence de la République ou le ministre de l'Intérieur.

Ce week
-end a été l'occasion de monter encore d'un cran avec un défilé de moyens militarisés avant l'arrivée des
manifes
tants. Nous avons pu voir des véhicules blindés et des hommes surarmées être exposés par la préfecture de
Paris, sous ordre nous n'en doutons pas, comme dans n'importe quelle dictature autoritaire ou militaire. Comment

ne pas être saisi par les images des
ces colonnes d'engins qui défilent dans les rues de la capitale ? Comment ne
pas y voir une volonté de tenir les gens tranquille par la peur de la matraque et de la répression avec des moyens

largement disproportionnés ? Et qui fait cela dans le monde si c
e ne sont les dirigeants de pays reconnus comme
n'étant pas des démocraties libérales ?

Face à ce basculement, la Fédération Anarchiste ne peut rester sans rien dire. Nous dénonçons cette militarisation

de nos vies et nous le disons haut et fort : "Blind
és, cassez-vous !". Nous ne pourrons jamais nous résigner à vivre
sous le diktat d'une force de police surarmée. Nous appelons à la plus vivre résistance et à la plus grande des

vigilances face à la monté de cet autoritarisme matraqueur.

 

Les relations extérieures de la Fédération Anarchiste

mercredi 12 janvier 2022

Communiqué de la fédération anarchiste francophone sur la révolte au Kazakhstan

Le 2 janvier dernier, un mouvement populaire sans leader identifié a éclaté au Kazakhstan ; il s’est
traduit par des manifestations qui se sont très vite répandues dans tout le pays.
La hausse brutale du prix du gaz de pétrole liquéfié a été l’élément déclencheur : il sert de carburant
et de chauffage dans un pays où cette ressource ne manque pas mais dont l’exportation est
privilégiée, bien évidemment pas pour le bénéfice de la population. C’est la goutte d’eau qui a fait
déborder le vase car la misère et la colère contre le régime autoritaire et corrompu de cette ex-
République soviétique sont une réalité depuis des années, et c’est cette colère parfaitement légitime
qui s’est exprimée dans la violence des confrontations avec la police.

A la demande du président Tokaïev, Moscou assisté d’autres pays alliés a envoyé des troupes au
Kazakhstan pour mater la révolte populaire, et le président kazakh s’est flatté d’avoir « donné
l’ordre aux forces de l’ordre et à l’armée de tirer pour tuer sans sommation » . Comme si la chute
de l’Union soviétique n’avait pas eu lieu, Poutine nous offre le même spectacle écœurant que ses
prédécesseurs lors de la répression des soulèvements populaires de Budapest (1956) et de Prague
(1968) ; les manifestants kazakhstanais sont traités de terroristes, et sont rapportés à ce jour
plusieurs dizaines de morts, des centaines de blessés et plus de 10 000 arrestations. La légitimité de
leur soulèvement est bien évidemment niée par le régime et il est accusé d’être un coup d’état
fomenté depuis l’étranger, selon la rhétorique inchangée depuis l’ère soviétique.

La Fédération Anarchiste apporte son soutien total au peuple kazakhstanais dans sa lutte contre la
pauvreté organisée, la corruption et l’autoritarisme du régime qui tente de l’écraser; il montre que la
révolte n’a pas besoin de leader désigné ou auto proclamé pour s’exprimer, et que « qui sème la
misère récolte la colère ».

Fédération anarchiste
Le 10 janvier 2022

 

mardi 23 mars 2021

Louise Michel, communarde et activiste anarchiste

par Dolors Marín le 22 mars 2021


traduction Monica Jornet Groupe Gaston Couté FA

On commémore cette année le 150° anniversaire des événements de la Commune de Paris, une expérience historique exceptionnelle puisque le peuple parisien prit la ville devant la fuite de ses dirigeants à Versailles et face à la menace d’occupation par l’armée prussienne. On assista dans ce contexte à un phénomène d’autogestion sans précédents, et hommes et femmes s’apprêtèrent à transformer la société à partir de pratiques antiautoritaires, intégratrices et égalitaires. Les femmes, les premières à se jeter contre les canons, que l’on prétendait démobilisés par les versaillais, s’illustrèrent dans tout ce processus. À la fin, la répression fut terrible, on payait cher de s’auto-organiser et de vivre en marge de l’autorité. Et les femmes furent aussi accusées d’incendiaires, les fameuses pétroleuses, et de provoquer la destruction d’édifices et de biens. Beaucoup furent fusillées, d’autres déportées et d’autres emprisonnées. Nous nous intéressons parmi elles à Louise Michel qui devait embrasser les idées anarchistes pendant sa dure déportation dans les terres de Nouvelle-Calédonie, sous l’influence d’une autre femme, Nathalie Lemel, une autre communarde également déportée, l’une de ses grandes amies. Après une année de prison et presque dix de déportation, elle resta sur la brèche, pour lutter et défendre ses idées.

LOUISE MICHEL: INSTITUTRICE ET ÉCRIVAINE

Louise Michel, méconnue dans l’imaginaire activiste du XXI siècle, à notre grand regret, est l’une des grandes références de l’anarchaféminisme mondial. Cette femme menue et en apparence fragile, à la silhouette gracile, s’insurgea contre toutes les adversités et toutes les tyrannies de son temps. Elle lutta comme peu suscitant l’étonnement de ses contemporains et d générations d’activistes libertaires du XX siècle. Elle fut très célèbre en son temps, une bonne partie de la presse généraliste la montre impliquée dans des arrestations, des révoltes, des assauts à des magasins alimentaires, ou au cours de grands procès contre l’organisation anarchiste naissante.

Louise Michel est née el 29 mai 1830 à Vroncourt-la-Côte (Haute-Marne) et après une vie digne d’un roman, d’engagement dans des révoltes sociales et dans des projets éducatifs et vitaux, elle mourut à Marseille, le 9 janvier 1905.

Louise Michel, était la fille d’une activiste sociale, Marie-Anne Michel, qui était employée comme domestique d’un grand propriétaire terrien. C’est pourquoi elle porta le nom de sa mère et on peut avoir raisonnablement des doutes sur l’identité de son véritable géniteur (entre un père, Étienne C. Demahis, ou son fils). Elle fut cependant prise en charge et éduquée par ses grands-parents paternels, des républicains et rationalistes convaincus. Un profil hors du commun car bien diffèrent de celui des enfants naturels des domestiques de son époque, élevées dans l’analphabétisme.


Elle apprit à lire et à écrire et la lecture devint sa grande passion. Les idées de l’encyclopédie firent le reste, et l’enseignement devint sa grande vocation, car c’était la porte d’entrée dans un monde libre et rationaliste. Elle se découvrit bientôt l’amour de l’écriture, un désir d’être poétesse et narratrice des histoires de son temps qu’elle conservera toute sa vie et qui nous apporte une information de qualité sur son autobiographie et ses expériences qu’elle coucha en plusieurs ouvrages et articles qui furent peu à peu repris dans la presse ouvrière de son temps, et qui devaient parvenir jusqu’à nos journaux grâce aux maisons d’éditions anarchistes et aux traductions, Anselmo Lorenzo ou Fermin Salvochea pour ce qui est de l’Espagne.

Et sur le chemin de l’enseignement elle fit des études pour être institutrice. Son rêve sembla se réaliser à l’âge de 20 ans, mais au moment de prêter serment à Napoléon III, elle s’y refusa, et ne put de ce fait avoir le diplôme requis, condamnée à travailler dans des projets éducatifs alternatifs à l’enseignement officiel, et subsistant à peine avec de maigres salaires dépendant de la bonne volonté des parents de ses élèves. Elle ouvrit ses propres écoles entre 1852 y 1855 dans des petites localités (Audeloncourt, Clefmont, Millières) de son département, et elle employa le maigre pécule hérité de la fortune familiale, pour faire son chemin. Elle joua de malchance car son rationalisme et ses idées égalitaires lui causèrent des problèmes avec les parents d’élèves, très traditionnels. Elle décida donc de partir pour la grande ville : Paris. Elle envisageait déjà à cette époque l’enseignement mixte et aussi l’usage du théâtre à l’école. Ses idées novatrices, sans récompenses ni châtiments, reléguaient la mémorisation à un second plan, privilégiaient le travail pratique et la connaissance des sciences naturelles ainsi que les voyages scolaires.

Paris se révélait comme la porte ouverte à l’écriture et à la poésie, à la possibilité de la vie bohême et de fréquenter des gens de lettres et des maisons d’éditions, et effectivement c’est là qu’elle noua une grande amitié avec l’homme qu’elle admirait, le grand écrivain Victor Hugo. Ils correspondaient depuis 1850, alors qu’elle vivait encore à la campagne, et ils continuèrent à s’écrire jusqu’en 1879.
Depuis 1856 jusqu’aux événements de la Commune, (1871) Louise Michel travailla sans relâche comme professeure, pendant 15 ans dans son école (24 rue Houdon puis rue Oudot). Elle écrivait toute la nuit, fréquentait les cafés et écoutait des histoires à noter dans ses cahiers. Ses premiers poèmes voient le jour au cours de ces années-là, signés sous un pseudonyme masculin, puisqu’elle connaît la misogynie de ses contemporains, qui n’acceptent pas les écrits des femmes. Elle signe donc Enjolras, l’éphèbe et martyr républicain des Misérables de Victor Hugo. Au cours des nuits parisiennes, dans les milieux de l’activisme révolutionnaire et les cercles insurrectionnels de Blanqui, elle fit la connaissance d’Eugène Varlin, Raoul Rigault et Emile Eudes. Sa personnalité captiva le populaire éditeur du Cri du Peuple, Jules Vallès, qui l’invita à y contribuer par ses écrits. Elle connut bientôt son compagnon avec lequel elle vécut en union libre en 1870, Théophile Ferré, l’un des fusillés du 28 novembre 1871, pour sa participation à La Commune de Paris.

Au sein des cercles blanquistes, Louise participait à toutes les contestations dans la rue, elle expliquait elle-même comment elle avait assisté le 12 janvier (1870) à l’enterrement du journaliste républicain assassiné, Victor Noir. Elle avait revêtu un habit masculin pour ne pas attirer l’attention et avait un revolver en poche face au risque d’affrontements armé. En août, elle participa à la grande manifestation en faveur d’Eudes et de Brideau, arrêtés injustement et remit un écrit de Jules Michelet aux autorités. En octobre, elle lança des proclamations aux infirmières et "aux citoyens de la libre pensée" pour défendre la ville des Prussiens, co-fonda le comité de vigilance de Montmartre et participa à une grande manifestation en fin de mois en faveur de la Commune. Deux mois plus tard, elle fut arrêtée pour la première fois pour avoir participé à une manifestation de femmes.

LOUISE MICHEL ET LA COMMUNE DE PARIS : DES FEMMES SUR LES BARRICADES




Sa biographie prend un tour décisif à partir de sa participation à la Commune. Dès lors l’institutrice et activiste devient le phare des libertaires de toutes les époques, puisque depuis le premier jour, tout comme sa mère, elle monte sur les barricades de Paris. En janvier 1871, Louise Michel tira sur les troupes du général Trochu. Elle faisait partie de la foule organisée et armée qui défendait la mairie de Pars contre l’armée d’invasion et les Versaillais. Habillée en garde nationale, elle devint une icône féministe, au moment où la Commune en était à ses débuts.

La situation en France était terrible : Napoléon III avait été vaincu par les Prussiens et se préparait pour la marche triomphale sur la capitale. Les Parisiens empêchèrent la reddition de la ville, ils ne voulaient pas la voir humiliée. Ils s’organisèrent donc par quartiers et bien vite se levèrent les premières barricades, comme celles de 1848 dont on était nostalgique. Les internationalistes sortirent dans les rues, les républicains, les blanquistes, une infinité de prolétaires urbains, des femmes, des sans-emploi etc. Parmi les internationalistes, nous distinguons Elisabeth Dmitrief qui, depuis l’Union des Femmes pour la Défense de Paris, fut l’une des premières à prendre les armes et appeler à l’auto organisation féminine. Des assemblées et des colloques furent organisés, des boulangeries et des tavernes s’auto-organisèrent pour pouvoir nourrir la population. Lee travail des femmes en tant qu’infirmières et ambulancières les amena aux barricades où elles reprenaient les armes de ceux qui étaient tombés et elles-mêmes rejoignaient la défense de la ville.

Au cours de ces mois très denses à l’activité fébrile, la population s’organisait à travers le dialogue et l’assemblée permanente, consciente de sa propre force.

Les noms des communardes oubliés par l’histoire méritent d’être relevés : Paule Minck, Nathalie Lemel, Aline Jacquier, Blanche Lefèvre, Marceline Leloup, et la courageuse André Léo qui nous livra ses impressions sur ces soixante jours à peine de lutte insurrectionnelle qui ébranlèrent le monde.

Dolors Marín est une historienne anarchiste.